jeudi, 30 juin 2011

Retour au calme en Égypte après des violences place tahrir!

De violents affrontements ont eu lieu au Caire dans la nuit de mardi à mercredi, avant de cesser progressivement dans la journée.

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Des heurts, parmi les plus graves depuis la chute, en février, du président Hosni Moubarak, ont opposé toute la nuit quelque 4 000 manifestants aux forces antiémeute, en particulier sur la place Tahrir, épicentre des rassemblements anti-régime du début de l'année. Les jets de pierre et les tirs de grenades lacrymogènes se sont poursuivis aux abords du ministère de l'Intérieur avant de baisser progressivement d'intensité. Le calme est revenu mercredi dans l'après-midi, malgré un climat de fortes tensions politiques et de critiques croissantes contre le pouvoir militaire.

Selon le ministère de la Santé, 1 036 personnes ont été blessées, la grande majorité légèrement. Parmi elles, 120 personnes ont été soignées à l'hôpital, où 16 se trouvaient encore mercredi après-midi. L'agence officielle Mena a annoncé l'arrestation d'un Britannique et d'un Américain lors de ces événements, sans donner de précisions sur les circonstances ni sur leur identité. Selon une source militaire, ils ne figureraient pas parmi un groupe d'une cinquantaine d'autres personnes arrêtées, qui ont été déférées devant la justice militaire.

La Bourse du Caire a marqué le coup mercredi, son index de référence EGX-30 clôturant en baisse de 2,03 %.

L'armée critiquée

Les premiers incidents ont éclaté mardi dans des circonstances confuses en marge d'une cérémonie, dans un théâtre du centre du Caire, à la mémoire des victimes du soulèvement anti-Moubarak. Selon des témoins, des familles de victimes se seraient vu empêcher d'entrer par les gardes de sécurité, déclenchant des incidents. D'autres sources mettent en cause des hommes de main proches des cercles pro-Moubarak venus pour provoquer des heurts. Les partisans des mouvements pro-démocratie sont alors descendus par centaines à Tahrir pour manifester, face à un déploiement policier important. Selon des témoins, des "éléments loyaux à l'ancien régime" ont alimenté les tensions.

L'armée, qui dirige le pays depuis le départ de l'ancien raïs, a publié sur le réseau social Facebook un communiqué dénonçant des "incidents regrettables" qui n'ont "pas d'autre raison que de tenter de déstabiliser la sécurité de l'Égypte". Un haut responsable diplomatique américain, le sous-secrétaire d'État aux affaires politiques William Burns, en visite au Caire, a pressé les autorités de conduire "un processus politique ouvert et qui rassemble".

Climat politique tendu

Ces accrochages surviennent dans un climat politique tendu, marqué la semaine dernière par une manifestation violente de partisans de Moubarak au Caire. L'ancien chef d'État est actuellement hospitalisé à Charm el-Cheikh, au bord de la mer Rouge, en attendant l'ouverture de son procès prévue le 3 août. Ces affrontements se sont également produits peu après l'annonce de la dissolution par la justice des conseils municipaux élus sous M. Moubarak et massivement dominés par les partisans de l'ancien régime.

L'armée est par ailleurs de plus en plus ouvertement critiquée par les mouvements issus de la révolte du début de l'année pour la manière dont elle gère la transition. De nombreuses voix se sont élevées pour demander le report des élections législatives prévues en septembre, estimant qu'elles pourraient voir les Frères musulmans rafler la mise face à l'impréparation du reste des partis politiques. Le débat est également houleux autour du calendrier de rédaction d'une nouvelle Constitution et de la place de la religion dans les institutions.

Des appels sont lancés à une grande manifestation le 8 juillet pour relancer les idéaux démocratiques du soulèvement anti-Moubarak

Commentaires

J'ai lu sur twitter que les grenades lacrymogènes étaient périmées, (certaines datant même de 1987 !) laissant des séquelles graves aux manifestants, au niveau oculaire et respiratoire.

Écrit par : Nahla | jeudi, 30 juin 2011

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Si les frères musulmans passent, ça craint pour le pays

Écrit par : Henri | vendredi, 01 juillet 2011

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